Young People Fucking
Martin Gero
2007, 90 minutes
Le sexe. Il n'est question que de ça et de rien d'autre (ou presque) dans ce premier film canadien au titre cru et accrocheur, qui aborde la chose sous un angle ouvertement comique, de manière directe et franche mais sans verser dans la représentation explicite à la Shortbus, ni dans la vulgarité complaisante des niaiseries lubriques prépubères habituelles. Young People Fucking est rigoureusement construit en six parties qui reproduisent les étapes entourant les ébats de cinq couples hétérosexuels : prélude, préliminaires, sexe, interlude, orgasme et finale post-coïtum. Cinq récits parallèles sont proposés, chacun d'entre eux exposant une réalité commune et différente de gens dans la vingtaine ou la trentaine : il y a les ex-amoureux qui se retrouvent le temps d'une partie nostalgique de jambes en l'air, le couple un peu blasé et douillet en mal d'inspiration olé olé, les deux amis qui veulent tenter une expérience purement physique, une première rencontre entre un tombeur de femmes et sa plus récente conquête, et enfin un couple un peu pervers composé d'un homme qui souhaite que son colocataire fasse l'amour avec sa copine sous ses yeux.
Le cinéaste Martin Gero et son coscénariste Aaron Abrams, également acteur dans le film, exploitent tout le potentiel cocasse de leur sujet, dans des scènes désopilantes et légèrement folichonnes qui sont surtout axées sur des dialogues incisifs et humoristiques ainsi que sur les maladresses et le ridicule qui entourent les hauts et les bas des mouvements du désir. Solidement écrit et monté, divertissant et sans temps mort, le film offre toutefois peu de profondeur et de perspective, tant les personnages demeurent prisonniers de leur aspect stéréotypé et du côté plutôt BCBG de la démonstration. La mise en scène est également sans relief et plutôt télévisuelle. Bref, c'est drôle, dynamique et bien envoyé, mais il n'y a là rien de bien sulfureux ou original.