Ulzhan
Volker Schlöndorff
Kazakhstan / France / Allemagne
2007, 105 minutes
Le plus récent film du cinéaste allemand Volker Schlöndorff met en scène un voyage initiatique effectué par un homme énigmatique à la détermination inébranlable (Philippe Torreton, dans une performance très physique), qui souhaite se diriger aux confins du Kazakhstan. Solitaire, désespéré, autodestructeur et muet sur ses motifs, ce Français parcourt infatigablement les paysages grandioses de la steppe, où il croisera un poète nomade (David Bennent, qui retrouve ici le réalisateur du Tambour, son rôle marquant) et une institutrice kazakhe parlant français (la Ulzhan du titre, jouée par Ayanat Ksenbai) qui l'accompagnent dans son périple.
Scénarisé par Jean-Claude Carrière, qui confère au récit une dimension poétique et éthérée agissant en contrepoint avec l'aspect très physique de ce voyage au bout du monde, Ulzhan est avant tout un festin visuel qui capte toute la beauté aride et lumineuse des paysages du Kazakhstan. La somptueuse direction photo de Tom Faehrmann est le plus grand atout de cette production soignée et impeccable, forte de nombreuses scènes quasi irréelles, notamment l'arrivée dans la ville futuriste d'Astana et dans une région ravagée par des tests nucléaires. La splendeur du spectacle qui s'offre à nos yeux permet de laisser en arrière-plan les nombreuses invraisemblances de cette épopée et l'aspect unidimensionnel de son personnage principal. L'excellente trame sonore de Bruno Coulais vient rehausser l'expérience d'un cran. L'impressionnante composition esthétique et l'aspect non conventionnel de cette quête en font de loin l'une des meilleures et plus originales réalisations de Schlöndorff depuis des lustres.