Jungcheon (The Restless)

Jo Dong-Oh

Corée du Sud

2006, 105 minutes

Pour son premier film en tant que réalisateur, Jo Dong-Oh y va d'une fresque fantastique ambitieuse, dans le plus pur style flamboyant du wuxia pian chinois. Malheureusement, l'apprenti cinéaste se prend un peu trop pour Tsui Hark et déploie beaucoup de moyens dans le vide avec cette histoire confuse et abracadabrante d'un guerrier dont l'esprit se retrouve dans un monde parallèle en forme de purgatoire bouddhiste, où il renoue (oh surprise totale) avec sa dulcinée qui, elle, ne le reconnaît pas, son esprit ayant perdu toute mémoire humaine. Qu'à cela ne tienne, il devra la protéger d'une horde de démons qui cherchent à s'emparer d'elle et à conquérir ce monde parallèle.

Tout est en place pour un spectacle à grand déploiement : costumes flamboyants, chorégraphies martiales et effets visuels qui cherchent à en mettre plein la vue, à grand renfort de péripéties épiques qui empruntent à la légende surnaturelle, au film d'action, à une science-fiction faite de toc et à une romance sirupeuse qui verse dans le ridicule consommé. On pourra réchapper à peine une ou deux scènes assez impressionnantes sur le plan visuel parmi ce fatras d'une platitude colossale. Le soin accordé à la direction artistique est noyé dans une surenchère exaspérante d'effets par ordinateur du plus mauvais goût, tandis que les deux acteurs principaux rivalisent de médiocrité en se jetant des regards abrutis qui soulèvent plus d'un rire involontaire. Mal joué, mal écrit et croulant sous une surcharge aberrante d'effets complaisants, The Restless offre beaucoup de grandiloquence, mais bien peu d'intérêt.

Vu à FanTasia 2007

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