The Devil Dared Me To
Chris Stapp
2007, 75 minutes
Connaissez-vous l'humour néo-zélandais - ou, si vous préférez, la comédie-kiwi? Cet irrévérencieux exemple de débilité assénée en bas de la ceinture en est une bien curieuse manifestation. Comment dire : imaginez des disciples zélés et fêlés de Evil Knievel qui auraient trop écouté les premiers films de Peter Jackson et qui auraient décidé de réaliser leur propre version de Jackass. Êtes-vous prêts à subir une dose gargantuesque de vulgarité, de scatologie, de cascades démentielles, de bruit perpétuel de tuyau d'échappement et de crissements de pneus et à assister à une série incroyable de blessures atroces? Et bien faites place à The Devil Dared Me To!
Le tandem de Chris Stapp et de Matt Heath a scénarisé, produit, réalisé et interprété cette comédie trash qui élève les cascades en voiture au rang de grand art. Il faut voir les stupidités intrépides que les protagonistes effectuent au péril de leur vie pour le croire. Les joyeux lurons défient la mort avec une audace sans borne, en multipliant les scènes où ils effectuent des cascades dangereuses en forme de morceaux de bravoure. Le récit de l'ascension de Randy Campbell (Stapp), un apprenti cascadeur d'abord frappé par des déboires et qui doit vivre dans l'ombre du tyrannique Dick Johansonson (Heath) avant de connaître la gloire, ne sert évidemment que de prétexte à une succession de scènes choc, à la fois hilarantes et révulsives, où le gore et un slapstick féroce occupent toute la place.
Sur le plan cinématographique, il y a peu de choses à dire, tant le film se limite au niveau de la pure provocation et du divertissement délinquant, non sans une certaine touche d'émotion incongrue. Mais on peut difficilement rester de glace devant la folie juvénile crasse et la dérision incessante de cet exercice de défoulement viril tourné avec fougue et passion. The Devil Dared Me To se savourera de préférence en groupe, en ayant bien pris soin de laisser sa subtilité et son intelligence au vestiaire.