Gwai Wik(Re-Cycle)
Oxide Pang Chun, Danny Pang
Hong Kong / Thaïlande
2006 - 108 minutes
Une splendeur visuelle d'un côté, une catastrophe scénaristique de l'autre. Nous voilà indéniablement devant un film des frères Pang. Ces maîtres de l'esbroufe stylistique poseuse avaient frappé un grand coup en 2002 avec The Eye, qui les avait propulsés en tête de file des chouchous de la nouvelle vague horrifique asiatique. Depuis, ils n'avaient guère impressionné par le choix de leurs projets. Certes, ce sont là de brillants monteurs et artistes visuels. On ne peut malheureusement pas en dire autant du côté de la réalisation et de l'écriture. Ce que vient confirmer le ratage tonitruant de ce Re-Cycle, dont la bande-annonce était pourtant des plus alléchantes et prometteuses. Or les grands espoirs ont de nouveau été aplatis. Malgré un visuel maintes fois impressionnant et quelques trouvailles de génie, ce récit éculé d'une romancière se retrouvant prisonnière d'un monde horrifique qu'elle a inventé (bonjour l'originalité) révèle de nouveau l'incapacité chronique des frères Pang à élever leurs projets au niveau d'un véritable film achevé. Re-Cycle reconduit la recette Pang : multiplier les pirouettes visuelles et les effets de style appuyés afin d'épater systématiquement la galerie. Le problème, c'est que cette surenchère ne sert qu'à rehausser un scénario aussi prévisible que racoleur, qui s'achemine sans grande surprise vers une finale qui se révélera involontairement et monstrueusement drôle, surpassant même plusieurs records de médiocrité moralisatrice. Fort dommage, car il y avait pourtant là matière intéressante, gâchée maladroitement par des artisans qui confondent style avec substance.
Vivement Hollywood les gars, vous êtes prêts.