Pretty in the Face
Nate Meyer
2007, 85 minutes
Récompensé par de nombreux prix attribués par des festivals régionaux des États-Unis, ce film indépendant américain à micro-budget marque les débuts à la réalisation de Nate Meyer, qui porte à bout de bras son projet de premier long métrage, ayant signé à la fois la mise en scène, le scénario, la direction artistique, le montage et la production. Une détermination artisanale exemplaire, pour une oeuvre bien ancrée dans le réel et dénuée d'artifices, construite autour de deux personnages principaux souffrant d'un mal de vivre galopant. D'un côté, un jeune adolescent qui a honte de sa mère vit difficilement son obésité, de l'autre une jeune femme traverse une épreuve dans son couple et dérive vers des fantasmes sexuels malsains. Ces deux êtres esseulés partageront leurs affres émotives.
Loin de la perversité et de la provocation que de tels sujets auraient suscité chez un Larry Clark ou un Todd Solodz, Nate Meyer opte pour une approche conventionnelle et hyperréaliste qui se concentre sur la dimension humaine et psychologique de ces personnages ordinaires aux prises avec leurs turpitudes existentielles. Très modeste, la production est parfois aux limites de l'amateurisme et des bons sentiments, mais certaines scènes sont un peu plus réussies et témoignent d'une indéniable authenticité. On s'ennuie un peu tout de même, tant les situations sont banales. Un effort honnête, sans plus.