Perfect Creature
Glenn Standring
2007, 88 minutes
Un autre film de vampires. Depuis Nosferatu, ce sous-genre horrifique par excellence a vécu de multiples transformations et réincarnations, pas toujours heureuses. Glenn Standring a le mérite de proposer une relecture originale du mythe. Dans son univers gothique mâtiné de science-fiction, les créatures assoiffées de sang humain ont été créées il y a trois cents ans, au moyen de mutations génétiques. Loin d'être hostiles au genre humain, elles vivent en harmonie au sein de la société, de manière secrète. Établies en une confrérie collaborant avec les autorités religieuses et scientifiques, ces créatures évoluées contribuent aux avancées médicales et à l'évolution du genre humain, dans la clandestinité, en échange d'hémoglobine. Cet équilibre pacifique est soudainement rompu lorsque l'un des Frères de sang (Leo Gregory) se met à effectuer des carnages arbitraires au sein de la population. Ses agissements meurtriers risquent de briser le pacte centenaire et de créer une épidémie dangereuse pour le sort de l'humanité. C'est alors que Silus (Dougray Scott) est désigné afin de traquer l'infidèle, aidé d'une policière (Saffron Burrows).
Ce point de départ très prometteur est malheureusement gâché par une exécution confuse et ennuyeuse au possible. Plutôt réussi sur le plan visuel - le film emprunte à la fois au style léché de la Hammer et au futurisme flamboyant de Blade Runner et de The Matrix, à un niveau plus modeste bien sûr - Perfect Creature distille rapidement un ennui mortel. L'idée initiale est exploitée de manière maladroite, Standring semblant hésiter entre le propos politique, le pur divertissement viril, l'exploration des tourments psychologiques des deux personnages principaux et une intrigue policière et amoureuse de bien peu d'intérêt. Il en résulte un fourre-tout inextricable qui abandonne toutes ces trop nombreuses pistes en chemin. Malgré sa courte durée, le film apparaît ainsi interminable, tant il se dirige dans trop de directions à la fois. Les péripéties de ces anges noirs finissent par agacer ou laisser de marbre. Dommage.