Klimt
Raoul Ruiz
Autriche / Allemagne / Grande-Bretagne / France
2006, 97 minutes
Aïe, aïe, aïe... bonjour l'ennui soporifique. Nous avons déjà été un fervent admirateur du grand cinéaste chilien Raoul Ruiz, mais là, on frôle l'insupportable. Le projet était pourtant prometteur : un portrait du célèbre peintre autrichien, sous la lorgnette surréaliste et mnémonique de Ruiz. Quelle déception à l'arrivée. Le résultat ressemble à des restes réchauffés du Temps retrouvé ayant été réarrangés dans une sauce europoudding indigeste. Bien sûr, on s'attendait à tout sauf à une biographie conventionnelle avec Ruiz à la barre. Cela n'excuse pas le fouillis sans nom qui sert d'esquisse scénaristique irritante (impossible de parler de scénario ici) à cet interminable ressassement des obsessions du cinéaste, qui tournent ici complètement à vide. À peine quelques motifs de la vie du peintre sont esquissés (la maladie, le conflit avec l'élite viennoise, le rapport aux femmes) et répétés ad nauseam. Certes, la direction artistique offre quelques moments intéressants sur le plan visuel, où le génie de Ruiz est perceptible, mais le tout est sévèrement plombé par le dispositif imposé par le cinéaste et par le singulier manque de vision du projet face à un sujet aussi riche et porteur. Même John Malkovitch, dont le jeu catatonique se fond dans l'ensemble, a l'air de se demander ce qu'il fait dans cette galère. Vivement le retour en forme d'un cinéaste qui a vu des jours nettement meilleurs.