Jjakpae (City of Violence)

Ryu Seung-Wan

Corée du Sud

2006, 92 minutes

Voilà un film qui nous apparaît avoir doublement souffert des attentes vertigineuses créées par le bouleversant Crying Fist, inoubliable film précédent du réalisateur, ainsi que d'une réception critique aussi sévère qu'injustifiée. Certes, City of Violence est tout sauf innovateur, et Ryu Seung-Wan ne remportera pas la palme de la subtilité pour ce film d'action rageur qui se veut un simple divertissement sauvage et ultra stylisé remâchant le thème de l'amitié masculine perdue, leitmotiv récurrent des productions sud-coréennes récentes. Mais il faudrait être diablement blasé pour bouder son plaisir devant cet exercice de défoulement jubilatoire truffé de clins d'oeil et d'hommages cinéphiles. Anthologique, la longue séquence finale vaut à elle seule le visionnement, avec sa magnifique partition musicale spaghetti western et ses références appuyées à Kill Bill. La réalisation, extrêmement alerte et soignée, multiplie les effets rétro (split screens), les angles et les mouvements de caméra, sans non plus en abuser, et contribue à créer un dynamisme de tous les instants.

On pardonnera ainsi le côté racoleur de l'ensemble et le schématisme d'un scénario prétexte à tous les excès visuels et à la multiplication des séquences de combat totalement jouissives (le titre ne trompe pas). Ce sont d'ailleurs ces chorégraphies martiales d'un tae kwon do tout en bruit et en fureur qui ont tôt fait d'emporter notre adhésion. À la fois brutales et gracieuses, ces séquences de bravoure font, il faut bien l'avouer, une grande partie de l'intérêt de ce City of Violence, pure catharsis stylisée que l'on déguste avec grand plaisir, en attendant une oeuvre plus substantielle de la part de ce jeune cinéaste bourré de talent.

Vu à FanTasia 2007

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