Jeepers Creepers
Victor Salva
États-Unis / Allemagne
2001, 90 minutes
Attention : cette critique dévoile quelques aspects cruciaux d'un scénario famélique qui n'en contient que fort peu.
On comprend difficilement comment ce slasher prépubère, verbeux, futile et niais a pu susciter un tel intérêt de la part des programmateurs autrement mieux avisés de FanTasia. Film d'horreur destiné aux ados, Jeepers Creepers (Morts de peur, dans sa traduction française imbuvable et au titre risiblement racoleur) démarre plutôt bien, s'inscrivant dans la foulée des films d'horreur américains à la Texas Chainsaw Massacre. Deux adolescents perdus en pleine campagne - ben oui, encore le même canevas - ont mal à partir avec un énergumène qui se révèle être un tueur en série. Lorsqu'on découvre que ce boogyman sanguinaire et collectionneur de cadavres au long manteau et chapeau est en fait une espèce de créature des marais ailée qui ressemble à un Hulk Hogan purulent au teint verdâtre, on décroche complètement. Mais on en a encore pour un bon quarante-cinq minutes de poursuites en voiture stupides, d'invraisemblances scénaristiques dignes d'un amateur, de dialogues d'une médiocrité abyssale et de situations aussi convenues qu'ennuyeuses. C'est totalement mal foutu, et même si on ne cherche qu'un bon frisson horrifique cheap, Jeepers Creepers livre bien maladroitement et chichement la marchandise. Décidément, les Américains ne sont même plus capables de faire un petit film de genre qui se tienne un tant soit peu debout. Vivement une série Z des années cinquante ou soixante avec un monstre en caoutchouc : au moins on peut en rire. Ici, on désespère dans son fauteuil, et on s'ennuie presque de Kevin Williamson.
Ouh, le méchant bonhomme à la grosse hache