Itchkéri Kenti

Florent Marcie

France

2007, 145 minutes

Extrait des carnets du Festival du nouveau cinéma 2007

Un documentaire essentiel et unique sur notre époque. Au milieu des années 90, Florent Marcie a parcouru la Tchétchénie, seul avec une caméra, un appareil photo et un canevas sur lequel il demandait aux gens qu'il rencontrait de dessiner. Témoin privilégié d'un moment tragique de l'histoire de ce peuple maintes fois éprouvé par l'invasion et par l'agression de nations impérialistes - les Tchétchènes se défendent alors une fois de plus contre l'occupation et la terreur imposées par la Russie - Marcie a capturé son périple en images et en sons, filmant et photographiant tant la population que la résistance armée, au fil de ses rencontres et de son parcours dans un pays dévasté par la guerre et par la terreur, mais dont la population, fière, unie et solidaire, refuse d'abdiquer.

 

Dix ans plus tard, Florent Marcie a monté, à partir de la matière brute qu'il a recueillie, un documentaire-fleuve absolument magnifique et tragique. Parfois au péril de sa vie, accueilli avec chaleur et respect parmi ces gens à la vie ravagée par la guerre, par la faim et par des conditions de vie d'une précarité absolue, il a pu ainsi témoigner de l'épouvantable injustice du sort réservé au peuple tchétchène, victime de barbarie, démuni et luttant malgré tout pour sa survie, avec un acharnement et une ténacité qui forcent le respect. Formidable d'authenticité, très émouvant, Itchkéri Kenti est un hommage vibrant à la dignité de ce peuple. Avec l'aide d'une narration impeccable, passionnante et solidement documentée, fort d'un montage rigoureux et captivant, ce documentaire miraculeusement mené jusqu'à nos yeux est une leçon de cinéma à échelle humaine, une oeuvre engagé et sensible, d'une portée universelle.

Vu au Festival du nouveau cinéma 2007

blog counter