I Kina spiser de hunde (In China They Eat Dogs)
Lasse Spang Olsen
1999, 91 minutes
Vu lors de la plus cinquième édition de Fantasia, ce In China they eat dogs a constitué un joyeux moment d'euphorie collective confirmé par le prix du public - section comédie qui lui a été attribué lors du festival. Au confluent d'influences européennes et américaines, le film démarre comme une comédie acidulée, un peu violente, qui raconte les péripéties impossibles et bientôt cauchemardesques d'un pauvre employé de banque plaqué par sa femme puis entraîné dans une série de situations saugrenues dégénérant, avec l'aide de son frère ultra violent et criminel (joué par le toujours excellent Kim Bodnia), du côté du sordide, du surréaliste et du loufoque noir.
Après un début sympathique qui situe d'emblée le travail de ce cinéaste du côté de Tarantino versant Pulp Fiction et du Michael Ritchie de Lock, Stock and Two Smoking Barrels - violence insoutenable désamorcée par l'humour, personnages caricaturaux, presque bédéesques, situations paroxystiques, stylisation de l'action - le film bifurque allègrement du côté du délire total marqué par une accélération et une accumulation de scènes violentes, de cadavres et de situations grotesques qui sont sans cesse dynamitées par un humour noir féroce et jouissif et des assauts répétés envers le bon goût et la rectitude politique. Tout cela donne un film complètement tordant, imaginatif, effronté et baveux, qui n'a peur de rien et qui assomme le spectateur à coups de scènes chocs qui combinent humour et action. Une curiosité que les amateurs du genre apprécieront comme un divertissement intelligent, relevé, original, et fort drôle. Un autre film qui confirme la vitalité du cinéma danois actuel, tant du versant auteur que du côté du cinéma populaire, dont In China They Eat Dogs est un digne représentant un peu trash..