Ice Cream
Jean Leclerc
2007
Extrait des carnets du Festival du nouveau cinéma 2007
Nouvelle réincarnation de celui que l'on nommait autrefois Jean Leloup, cette fois-ci en cinéaste, sous le nom de Jean "Deadwolf" Leclerc. Son premier long métrage, qu'il qualifie d'expérience "freedogme" (?), est entièrement autofinancé. Le film a été conçu avec une très petite équipe de collaborateurs et fut tourné en grande partie à Hanoi, au Vietnam. Un film que Leclerc a voulu totalement libre et expérimental, ce que l'on ne peut que saluer. Mais son exercice s'avère confus, horriblement amateur et impossible à suivre. Certes, on reconnaît en plusieurs endroits son univers déjanté composé d'humour absurde, de tragédie grandiloquente et de personnages pathétiques à la folie consommée, mais la transposition au cinéma est très maladroite, voire complètement ratée. Le film repose sur un nombre trop limité d'idées farfelues et de flashs visuels, parfois drôles et inventifs, mais qui ont tôt fait de tourner complètement à vide tant ils ne reposent sur aucun véritable projet de cinéma. On pardonnera difficilement l'aspect brouillon et approximatif du montage visuel et sonore de l'ensemble - on nous a dit qu'il s'agit d'une copie "in progress", mais ceci ne justifie pas pour autant de telles carences techniques qui s'ajoutent au cabotinage juvénile de l'ensemble des acteurs, à la médiocrité consternante des dialogues et à l'inextricable fouillis du résultat, qui avait pourtant beaucoup de potentiel. Si on est bon prince, on pourra tout de même rescaper quelques trouvailles et de belles images du Vietnam, surtout dans sa première partie. Mais il est évident que le passage de Leclerc au cinéma est loin d'être convaincant. On rêve tout de même de ce qu'il pourrait accomplir avec une meilleure maîtrise du médium et un peu plus de sérieux et de professionnalisme.