Fantasia 2008
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Carnets Fantasia 2008 - Jour 1 : 3 juillet 2008
Nous y sommes enfin! Place à dix-neuf jours bien comptés de délire cinémaniaque extrême. Des aspects secondaires de la vie, comme se nourrir, dormir et socialiser, seront réduits au strict minimum au cours des prochaines semaines. Les salles obscures de l'Université Concordia deviendront notre deuxième domicile, où l'on pourra se repaître d'univers déjantés provenant des quatre coins de la planète, et plus particulièrement de l'Asie.
La douzième édition de Fantasia a démarré de très belle façon jeudi, avec deux projections affichant complet. Quel plaisir de retrouver cette foule participative et enthousiaste, qui manifeste bruyamment son plaisir comme nulle part ailleurs. Les organisateurs du festival avaient certainement de quoi jubiler. Certains ont pu questionner le choix de Truffe comme film d'ouverture, mais on a rapidement pu constater, avec grande joie, que le film absurde et fantastique de Kim Nguyen méritait entièrement sa place dans le cadre du festival. On pourra chipoter sur quelques aspects moins réussis - notamment du côté du scénario, qui aurait mérité une réécriture - mais il serait futile de bouder son plaisir devant cet objet insolite et rafraîchissant au sein du paysage cinématographique québécois. Le plus grand mérite de Truffe est que le film ne se prend jamais trop au sérieux, même s'il contient plusieurs thématiques sociales intéressantes, en évoquant notamment la tyrannie des grandes entreprises et en servant en filigrane une critique très pertinente du travail comme aliénation et mode d'asservissement de la population. Le récit, très conceptuel, bascule rapidement dans le fantastique, et cultive sa bizarrerie en privilégiant l'aspect humoristique. La foule a réservé un accueil chaleureux à cet ovni léger et divertissant, à l'esthétique très stylisée.
Mais pour les purs et durs, le festival a véritablement débuté avec la projection du très attendu Sukiyaki Western Django, signé Takashi Miike. La foule était évidemment vendue d'avance, et elle n'aura pas été déçue par ce spectacle transgénique que l'on peut ranger parmi les plus belles réussites plus accessibles du maître de la provocation nipponne, qui réussit l'impossible en fusionnant Shakespeare, le western américain, le western spaghetti italien et le film d'action japonais. Les acteurs profèrent leurs répliques en anglais phonétique approximatif sans sourciller, dans des costumes extravagants, tandis que se multiplient des péripéties complètement grotesques et invraisemblables. C'est tour à tour hilarant, débile et festif, bref, du Miike comme on l'aime, et en très grande forme. La satisfaction était palpable dans la salle, qui s'est offert une sacrée virée festive.
Tout juste avant la projection, Simon Laperrière et King-Wei Chu ont offert une surprise de taille aux spectateurs, en invitant Gordon Liu sur scène. Le légendaire acteur hongkongais est en ville pour la projection de Disciples of the 36th Chamber, samedi après-midi, et il est venu nous souhaiter bon cinéma, en français s'il vous plaît. La foule s'est levée d'un bloc sous un tonnerre d'applaudissements. Beau moment, et une excellente première soirée.
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