Sheng xia guang nian (Eternal Summer)

Leste Chen

Taïwan

2006, 115 minutes

Une très belle direction photo et un travail de qualité sur les ambiances et la mélancolie sont totalement ruinés par un scénario famélique et une approche mièvre et superficielle de l'homosexualité dans ce deuxième long métrage du jeune cinéaste taïwanais Leste Chen. Celui-ci démontre un indéniable savoir-faire sur le plan technique : chaque plan est soigneusement composé et les couleurs sont splendides. Mais le récit archi prévisible de ce ménage à trois entre un jeune homme secrètement amoureux de son meilleur ami qui, lui, lorgne plutôt vers une jeune fille qui s'est entichée du premier, est aussi convenu qu'ennuyeux. Les jeunes acteurs se tirent assez bien d'affaire, mais leur registre d'émotion est extrêmement limité, le réalisateur semblant surtout intéressé à bien cadrer et mettre en valeur leur belle gueule tristounette. Étonnamment dénué de toute forme d'érotisme, Eternal Summer se contente de naviguer paresseusement sur les thèmes de l'amitié indéfectible et de l'amour inavoué, qu'il explore de manière linéaire, avec nonchalance et facilité, en ciblant un public adolescent auquel s'adresse manifestement cette guimauve sentimentale et maladroitement appuyée par une musique envahissante et insignifiante. Une coquille léchée mais vide, en somme, qui refuse d'aborder son sujet central, sauf le temps d'une scène confuse et incohérente. On lui préférera mille fois No Regret, devant lequel cette bluette larmoyante fait bien piètre figure.

 

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