El Asaltante (The Mugger)
Pablo Fendrik
2007, 67 minutes
Un premier film percutant, et une expérience qui laisse déstabilisé et perplexe. Court et fulgurant - à peine 67 minutes - ce concentré de cinéma-vérité tourné avec nervosité et urgence, caméra à l'épaule, nous met sur le chemin d'un homme d'âge mûr, bien mis de sa personne et un peu charmeur, aux apparences fort dignes, qui commet soudainement des agressions armées qui semblent très calculées, mais dont on ignore la raison d'être. Captés sur le vif, avec une remarquable précision documentaire et hyperréaliste, ces attentats inattendus ont de quoi déconcerter et intriguer.
Dénués de toute explication psychologique, ces gestes surprennent tout autant ses victimes que le spectateur, qui est plongé dans un état de tension, d'inquiétude et de suspense extrêmement bien menés, questionnant nos élans de réprobation et de curiosité devant les actes et les motifs de cet homme opaque et mystérieux, brillamment interprété par Arturo Goetz, formidable dans ce rôle très physique, haletant et énigmatique. Un petit bijou de fulgurance à l'état pur, très près du cinéma des frères Dardenne (Rosetta en particulier), pratiquement tourné en temps réel, aussi fuyant que son personnage principal.