Déficit

Gael Garcia Bernal

Mexique

2007, 79 minutes

 

Premier passage derrière la caméra pour la jeune coqueluche du cinéma mexicain, qui s'en tire plutôt bien, malgré certaines complaisances. Bernal tient lui-même l'affiche dans le rôle titre peu reluisant de Cristobal, un enfant gâté caractériel et prétentieux, fils de riche qui organise une fête avec des amis dans sa luxueuse demeure, en l'absence de ses parents. On devine que le père trempe dans des affaires suspectes, et que le fils est tiraillé entre la pression familiale et sa propension à faire le pitre et le coq devant ses amis, en draguant sans vergogne une invitée, même s'il a une petite amie qui est en route. Festive et marquée par toutes sortes de péripéties, la journée servira de révélateur des injustices sociales et de l'arrogance de ces privilégiés, en particulier face à leurs employés, qu'ils traitent de manière condescendante. 

 

L'insouciance et l'aspect frondeur du jeune homme, de sa soeur et de leur entourage défoncé et superficiel dissimulent bien mal leurs failles, leur hypocrisie, leur fragilité et leurs contradictions, que Bernal dévoile au fil du déroulement chaotique de la journée. Déficit affiche ainsi clairement, parfois de manière un peu trop appuyée, sa volonté d'effectuer une critique sociale qui aborde les inégalités sociales, l'exploitation des riches, le racisme ainsi que le mépris et la médiocrité de la bourgeoisie mexicaine, avec en arrière-fond des allusions à la corruption et aux magouilles qui minent l'équilibre social du pays. De biens graves sujets bien évidents sous l'enveloppe d'une fiesta endiablée, filmée de manière nerveuse et réaliste. Les personnages sont caricaturaux et servent à illustrer le point de vue du cinéaste. À ce titre, Déficit vise juste, mais s'avère beaucoup moins virulent que le mémorable La Zona, qui explore des thématiques similaires avec une force de frappe et des qualités cinématographiques à mille lieues de l'exercice un peu racoleur de Bernal. La démonstration ne fait pas dans la dentelle, mais elle est tout de même convaincante, et elle a le mérite d'être concise.

Vu au Festival du nouveau cinéma 2007

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