Desu nôto (Death Note)
Shusuke Kaneko
2006, 126 minutes
Visiblement destiné à un public adolescent, Death Note est l’adaptation d’un manga d’une grande popularité au Japon, qui raconte les péripéties de Light Yagami (Tatsuya Fujiwara, remarqué dans Battle Royale, au jeu nonchalant), un jeune homme ayant mis la main sur un cahier de notes magique lui permettant de mettre fin aux jours de toute personne dont il connaît le nom, en inscrivant celui-ci dans ce livre de mort, propriété d’un "dieu de la mort" qui n’apparaît qu’à son détenteur. Ce jeune étudiant en droit, fils d’un policier, saisit rapidement le formidable pouvoir de ce livre. Assoiffé de justice, il se met à exécuter les criminels impunis de son pays. Devenu un héros anonyme suscitant la controverse, il est pourchassé par les autorités, qui souhaitent mettre fin à ses sentences arbitraires et meurtrières. Un mystérieux individu aide les autorités à le retracer.
Véritable phénomène en son pays d’origine, Death Note est une bien drôle de bête. Bien qu’apparenté au genre horrifique, mais en aucun cas effrayant, ce thriller fantastique mise sur un suspense efficace, qui prend la forme d’un véritable jeu du chat et de la souris, entre ce jeune homme qui ne peut s’empêcher de poursuivre ses activités punitives tout en vivant dans la crainte continuelle d’être démasqué, et les autorités qui misent de plus en plus sur les ruses et les déductions de leur mystérieux allié afin de le débusquer. C’est à une véritable partie d’échecs que nous convie le scénario, qui profite de l’occasion pour offrir une très intéressante réflexion sur le thème de la vengeance, de la justice (solitaire et collective) et de l’échec des autorités à endiguer les agissements des criminels. Bien entendu, le film est également une métaphore à peine voilée qui évoque les enjeux philosophiques et sociaux de la peine de mort. Tout cela se dessine en arrière-fond d'un récit qui maintient un solide sens du suspense. Voilà qui est plutôt bien pour un divertissement commercial ciblant une jeune clientèle. Aussi, on pardonnera au film sa mise en scène terne, presque télévisuelle, ainsi que des performances poussives de certains des acteurs.