Control

Music from the motion picture

Rhino (2007)

 

Voilà une trame sonore qui ne fera pas l'unanimité. Bien qu'elle soit relevée et passionnante à bien des égards, cette compilation de musiques extraites du film éponyme laisse parfois dubitatif face aux choix qui ont été effectués. Les musiques sélectionnées suivent quatre axes bien précis. D'abord les influences de Joy Division : on y retrouve Velvet Underground, Iggy Pop, Roxy Music et deux versants de David Bowie, celui de la période glam, et celui de la période avec Brian Eno. Une seule découverte ici : le groupe obscur Supersister, ovni du début des années soixante-dix avec leur curieux mélange de pop enjouée et de psychédélisme agressif. Ensuite, les contemporains de Joy Division, avec une pièce live des Buzzcocks, un classique de Kraftwerk et le célèbre monologue "Evidently Chickentown" de John Cooper Clarke - celui-ci ravira les fans. Puis, Trois morceaux instrumentaux originaux composés expressément pour le film par les membres de New Order. Ambiantes et en harmonie avec le ton funèbre et mélancolique du film, ces plages inspirées mais minimalistes susciteront la curiosité des inconditionnels du groupe. Enfin, la musique de Joy Division, limitée à trois pièces de résistance : "Love Will Tear Us Apart", "Dead Souls" et "Atmosphere".

 

Tout cela est pertinent et crée une solide diversité musicale, d'autant plus que des extraits des dialogues du film ont été insérés à divers endroits, au début ou à la fin des pièces, ce qui crée une excellente évocation du film tout en hissant le tout quelque peu au-delà de la simple compilation. Par contre, il faut noter une grande déception : une seule version des pièces jouées par les acteurs a été incorporée à la trame sonore (et non la moindre : "Transmission"). Cela est d'autant plus regrettable que leurs interprétations étaient parmi les meilleurs moments du film. On aurait donc souhaité avoir accès à un plus grand nombre de ces versions consubstantielles au film. Aussi, l'ordre d'apparition des pièces sur le disque est parfois difficilement explicable : ainsi, la version de "Shadowplay" par The Killers, qui joue lors du générique de fin (et qui va très certainement irriter nombre de puristes avec cette relecture mode et poseuse, qui jure quelque peu avec le reste de l'album, bien qu'elle soit acceptable), est placée en tout début d'album. De même, les extraits de dialogue sont aléatoires et ne suivent pas la progression narrative du film. Un enchaînement respectueux de l'allure du film aurait certainement créé une meilleure expérience d'écoute.

 

Malgré ces quelques réserves, Control est tout de même une trame sonore digne d'intérêt, tant pour le néophyte qui connaît peu Joy Division et les musiques de l'époque que pour les amateurs renseignés, qui souhaiteront certainement ajouter cette compilation à leur collection. Dans un cas comme dans l'autre, ce disque servira surtout de complément au répertoire intemporel du regretté Ian Curtis.

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