Buda as sharm foru rikht (Buddha Collapsed Out of Shame)
Hana Makhmalbaf
2007, 81 minutes
Extrait des carnets du Festival du nouveau cinéma 2007
Les cinéphiles connaissaient déjà son père, Mohsen, ainsi que sa soeur, Samira, deux piliers du cinéma iranien actuel. Voici la troisième réalisatrice issue de cette famille qui est décidément un terreau fertile pour le talent cinématographique. Âgée d'à peine 18 ans, Hana Makhmalbaf signe une très belle allégorie anti-guerre, dans la plus pure tradition du cinéma-vérité iranien. Le film s'ouvre sur des images d'archives du dynamitage des fameuses statues bouddhistes de la région de Bamiyan, où vivent des familles afghanes. Ce lieu symbolique, hanté par le fantôme des statues disparues sous la bêtise fanatique, sera le théâtre de son récit qui raconte les mésaventures d'une petite fille de six ans et de son petit voisin qui la convainc d'aller à l'école.
Suivant les pérégrinations de sa toute jeune actrice, la cinéaste installe un ton léger et badin au cours d'une première partie aussi attendrissante que savoureuse, qui offre également au spectateur de formidables images de cette région hors du monde. Mais le trait s'assombrira progressivement en cours de route, et cette parabole initiatique se transformera en une courageuse dénonciation de la violence, du fanatisme et de la cruauté, ciblant ouvertement les Talibans. La démarche est très évidente, mais elle est portée par une dimension poétique et une acuité documentaire sidérantes pour une si jeune réalisatrice. La grande majorité des acteurs sont de très jeunes enfants, que la cinéaste filme avec une justesse et une authenticité admirables.