Berliner Reigen
Dieter Berner
2006, 85 minutes
Extrait des carnets du Festival du nouveau cinéma 2007
Inspiré d'une pièce d'Arthur Schnitzler, ce long métrage est le fruit d'un travail collectif réunissant des étudiants en interprétation et en scénarisation au sein de l'une des écoles de cinéma les plus réputées en Allemagne. Transposé au sein de la jeunesse contemporaine, le récit est composé de dix tableaux présentant la rencontre et l'expression du désir chez une dizaine de personnages masculins et féminins qui se croisent et qui se lient entre eux. Essentiellement motivés par des rapports de séduction, de désir et de tension sexuelle, les personnages développent des relations avant tout charnelles et le plus souvent éphémères, représentatives d'un certain désarroi amoureux générationnel actuel.
Impeccable sur le plan technique, emboîtant avec souplesse ces récits enchâssés comme des vases communicants, cette réalisation témoigne toutefois de l'inexpérience de ses créateurs. Le jeu est certes déjà très professionnel mais manque de profondeur et de nuances. Les personnages sont unidimensionnels et souvent réduits à de simples stéréotypes bourgeois sans consistance. Les prétentions sociales du scénario et des mises en situation sont également plaquées et malvenues : les jeux de pouvoir et l'illustration de rapports entre classes sociales sont schématiques et maladroits. On aurait enfin souhaité que les concepteurs se préoccupent d'autre chose que des pulsions sexuelles des protagonistes, qui deviennent rapidement répétitives et lassantes. En somme, bien peu à se mettre sous la dent sous cette surface léchée et superficielle.