Away From Her
Sarah Polley
2006, 110 minutes
Premier film de l'actrice Sarah Polley et adaptation d'une nouvelle d'Alice Munro, Away From Her expose les effets ravageurs de la maladie de l'Alzheimer qui atteint Fiona (Julie Christie), plus particulièrement dans sa relation avec son mari Grant (Gordon Pinsent), qui partage sa vie depuis plus de 40 ans. Celui-ci est désemparé, tant sa femme devient méconnaissable au fur et à mesure de l'évolution de la maladie. Mais contre vents et marées, il l'accompagnera.
Acclamé tant par la critique que par le public, conquis unanimement par le portrait sensible et délicat d'une jeune cinéaste démontrant une étonnante aisance avec les thèmes difficiles de la vieillesse et de la maladie, Away From Her plaira assurément à un large public. Certes, on ne peut que louer le courage et la sincérité de la démarche de la réalisatrice, la qualité de l'interprétation - du moins celle de Julie Christie - ainsi que la pudeur avec laquelle le sujet est abordé. En revanche, je vois bien difficilement comment on pourrait s'enthousiasmer, sur le plan cinématographique, pour ce film de CLSC, à l'esthétique consensuelle, canadienne et télévisuelle, ce qui est triplement soporifique. Et ce film l'est, de toute évidence.
Je comprends certainement que l'on puisse être touché par le sujet qu'aborde le film de Sarah Polley, plus particulièrement si un membre de notre famille souffre de cette maladie. Mais en tant que film, c'est drabe au cube. Sans parler d'une musique d'une mièvrerie absolue, et de cette tendance lassante qui est de faire canadian - ici, la musique est canadienne (Neil Young, ô combien original, et une trame instrumentale insupportable de guimauve-ascenseur), les personnages lisent des romans canadiens, les paysages sont canadiens, et on en remet encore pour être bien sûr que l'on sente qu'on écoute un film canadien.
Sur ce plan, c'est indéniablement réussi. Pour le reste, à moins d'être intéressé par le sujet, on repassera.
Vu au Festival du nouveau cinéma 2006