Arrivederci Amore, Ciao
Michele Soavi
2006, 107 minutes
Après plus de dix années passées à réaliser des téléfilms pour le petit écran italien, l'ancien assistant de Dario Argento effectue un retour au cinéma avec ce film très attendu. Le réalisateur de Dellamorte Dellamore, qui a marqué l'imaginaire des amateurs de cinéma d'horreur, choisit la voie du polar survolté et du film noir pour renouer avec le septième art. Le résultat n'est qu'à moitié convaincant.
Ce récit, qui raconte en deux temps les déboires d'un malfrat qui cherche la rédemption, sent le réchauffé et souffre d'un scénario alambiqué, écrit à quatre mains à partir d'un roman culte. Le tout commence plutôt bien, Soavi offrant une première heure gavée aux amphétamines, dans la plus pure tradition sexiste et violente du cinéma d'exploitation, dans laquelle Soavi se vautre sans impunité. La réalisation est nerveuse à souhait, les situations extrêmes et déjantées et l'approche volontairement grossière, assénant des coups répétés à l'endroit de la rectitude politique.
Cette première partie jubilatoire, assumant complètement son côté délinquant et irrévérencieux, s'essouffle malheureusement dans une deuxième partie fort décevante, où l'action trépidante cède le pas à un drame psychologique convenu et maladroit. En décalage avec l'énergie brute et le rythme effréné de départ, Soavi tente une parabole sur la corruption de la société italienne et sur la réadaptation de son anti-héros qui rate complètement sa cible. Il en résulte une oeuvre à deux têtes nous laissant sur une mauvaise note, d'autant plus que le style de Soavi, étonnamment impersonnel malgré quelques trouvailles visuelles, trahit ses trop nombreuses années passées à tourner des téléfilms.