Always san-chôme no yûhi (Always - Sunset on Third Street)

Takashi Yamazaki

Japon

2005, 133 minutes

 

On ne s'attendait certainement pas à une aussi belle oeuvre de la part du réalisateur de Returner. Grand lauréat des Japanese Academy Awards de 2006, où il a raflé pas moins de 12 prix, dont ceux du meilleur film, du meilleur réalisateur, du meilleur acteur et du meilleur scénario, Always - Sunset on Third Street est une magnifique et attachante saga populaire, au charme suranné et irrésistible. Adapté d’un manga, le récit est constitué de multiples scénettes qui retracent le quotidien d'après-guerre (on est en 1958, le pays se relève du traumatisme de la guerre et d'Hiroshima) d’une série de personnages habitant le même quartier défavorisé de Tokyo : celui d’une famille hébergeant une jeune fille embauchée pour aider le père, réparateur de voitures, et de leur voisin, un écrivain raté quelque peu irresponsable qui doit s’occuper d’un enfant abandonné par ses parents. Le spectateur assiste aux petits moments, heureux et malheureux, qui jalonnent l’existence simple de ces gens sans histoire – ou presque.

 

Ponctué de savoureux événements anecdotiques qui sont des révélateurs en mode mineur de la transformation de la société japonaise post-Hiroshima – telle que l’arrivée du premier téléviseur, fort d’une scène mémorable – Always tire le meilleur d’une admirable reconstitution du Tokyo de l’époque et de l'irrépressible optimisme des modestes gens qui composent son univers. La direction artistique, toute en finesse malgré quelques fautes de goût attribuables à un emploi appuyé de CGI, illustre la dimension naïve et nostalgique de ce récit aux allures de conte. Les acteurs, jeunes comme adultes, offrent de touchantes compositions. Portrait riche en évocation d’une époque révolue, à la simplicité et aux bons sentiments désarmants, Always attendrit et conquiert d’emblée. Une réussite exemplaire du cinéma japonais à vocation commerciale.

Vu à FanTasia 2007

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