Iki-Jigoku (A Living Hell)

Shugo Fujii

Japon

2000, 104 minutes

 

Farce macabre provocatrice, irrévérencieuse et de solide tenue malgré son allure fauchée, comme on les aime à FanTasia. Une famille héberge une vieille mémé et une adolescente timide qui se révèlent dotées d’une soif sadique et sanguinaire sans bornes. Leur dévolu se jettera d'abord sur le pauvre garçon handicapé resté à la maison. Il en prendra pour son rhume… et les autres aussi.

 

Après une ouverture sordide qui nous laisse présager une joyeuse fiesta gore, A Living Hell ralentit le rythme, à grand renfort d'ambiances malsaines, de situations chaotiques et d'angles de caméra biscornus. En plus d'installer une atmosphère glauque et horrible à souhait, le cinéaste impose au spectateur des scènes d'un sadisme bizarre et dérangeant, mais sans trop verser dans les débordements grandiloquents. On avance ainsi à coups de séquences décalées et tordues, jusqu’à un curieux, carnavalesque et complètement grotesque dénouement rendant hommage à The Texas Chainsaw Massacre et au cinéma d’horreur italien des années soixante-dix. Bien dosé, terriblement cruel et hilarant, avec une irrésistible partition ringarde pour synthétiseur, ce film d'horreur nippon à petit budget est hautement démentiel et cauchemardesque, et permet de passer un moment de pure jubilation, surtout s'il est dégusté entre initiés.

Vu à FanTasia 2001 

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