Kôkaku kidôtai: Stand Alone Complex Solid State Society (Ghost in the Shell - Stand Alone Complex: Solid State Society)
Kenji Kamiyama
2006, 108 minutes
Forte d’un engouement qui ne se dément pas auprès des amateurs d’animation japonaise, la série des Ghost in the Shell constitue l’une des plus belles réussites du genre. Ce long métrage intitulé Solid State Society s’inscrit en continuité avec les deux saisons de la série télé Stand Alone Complex, qui a succédé aux deux formidables films de Mamoru Oshii. Contrairement aux films d’Oshii, porteurs d’une dimension philosophique et métaphysique et d’une poésie d’une richesse peu commune au sein des œuvres d’animation, les épisodes de la série télé avaient plutôt opté pour une approche plus traditionnelle pour ce type de récit d’anticipation, en se concentrant sur les investigations de cette équipe d’agents de choc travaillant pour un organisation secrète chargée d’enquêter sur les activités de groupes terroristes qui menacent la sécurité du pays. La particularité et la force de cette série résident dans la complexité incroyable des intrigues qu’elle propose, ainsi que dans la dimension politique et sociale des enjeux qui sont abordés, éléments qui lui ont permis de conquérir de nombreux fans. Choses que l’on retrouve avec bonheur dans Solid State Society.
On pourra difficilement reprocher à ses créateurs de miser sur une recette aussi solide et éprouvée, et Solid State Society fait exactement cela, en offrant ce qui semble être une simple suite à la série télé, dans un format plus étendu - le réalisateur Kenji Kamiyama avait d'ailleurs participé à la réalisation de nombreux épisodes. Les amateurs retrouveront leurs personnages de prédilection, ainsi que l’enchevêtrement incroyablement complexe de péripéties et de situations qui ont assuré le succès de la série. Les amateurs des films éblouissants de Oshii pourront regretter que toute dimension poétique ou métaphysique a été pratiquement éliminée de ce projet, au profit du déploiement d’action, de stratégies et de suspense qui est propre au genre. Et le film prend un certain temps à atteindre son erre d’aller, ce qui témoigne d’un passage un peu difficile du format succinct de l’épisode télé au long métrage. Mais le scénario se resserre en cours de route, et le film s’achève avec la fougue et l’énergie des meilleurs épisodes de la série télé. GITS SAC: Solid State Society ne décevra certainement pas les inconditionnels, qui ne voudront pas manquer ces nouvelles aventures. Un visionnement préalable des deux saisons de la série télé est recommandé afin de mieux apprécier ce film, même s’il n’est pas requis. On déconseillera toutefois aux néophytes de commencer ici : mieux vaut avoir visionné les deux films de Mamoru Oshii, et découvrir l’excellente première saison de Stand Alone Complex, sinon on risque de demeurer sérieusement perplexe, car ce film est manifestement destiné aux initiés.